Trois modèles, tous légitimes
Arbitre externe pour chaque terrain. La meilleure solution et la plus coûteuse en personnel : il faut une personne par terrain pour toute la journée. Si tu as des jeunes d'un club prêts à donner un coup de main, c'est la voie à privilégier — et cela vaut la peine de leur offrir quelque chose, ne serait-ce que le déjeuner.
Arbitrage tournant entre les équipes. L'équipe qui repose arbitre. C'est la formule la plus répandue dans les tournois amateurs et elle fonctionne, à deux conditions : qu'elle soit écrite dans le règlement (qui arbitre quoi, selon le calendrier) et que l'arbitre de service ne soit pas intéressé par le résultat du match qu'il siffle. En cas de doute, fais arbitrer une équipe d'une autre poule.
Auto-arbitrage. Les deux équipes sur le terrain s'arbitrent elles-mêmes. C'est le choix le plus fragile et, si les conventions sont claires, le seul praticable dans les tournois de beach et les tournois avec beaucoup de terrains et peu de personnes.
Les conventions de l'auto-arbitrage
Elles ne fonctionnent que si elles sont établies à l'avance et valables pour tous les terrains :
- La touche de filet et l'invasion sont annoncées par celui qui les commet. Cela semble naïf : c'est la seule règle qui ne génère pas de disputes, car celui qui touche le filet le sent et aucun adversaire ne peut contester un aveu.
- Le ballon dedans ou dehors est annoncé par l'équipe dans le camp de laquelle il tombe. C'est elle qui le voit le mieux, et elle n'a aucun intérêt à mentir sur un ballon qu'elle a de toute façon perdu.
- Le doublé et le ballon porté sont annoncés par celui qui les joue, ou ne sont annoncés par personne. Ce sont les fautes les plus subjectives : mieux vaut une tolérance déclarée qu'un arbitrage à géométrie variable.
- En cas de doute, on rejoue. Un point rejoué prend trente secondes ; une discussion prend dix minutes et gâche la bonne humeur de dix personnes.
- On conteste immédiatement, avant le service suivant. Après, le score est celui qui est marqué. C'est la règle de procédure qui compte plus que toutes les autres.
Si tu arbitres : où te placer et quoi regarder
L'arbitre d'un tournoi amateur n'a pas besoin de chaise haute : il suffit de se tenir debout sur le côté du filet, de manière à voir le plan vertical du filet et la ligne centrale. Depuis cette position, on juge facilement la touche de filet, l'invasion, le ballon qui passe en dehors des mires et l'attaque de la ligne arrière.
Quoi regarder, par ordre de priorité :
- le plan du filet, car c'est là que se produisent les fautes qui décident des points ;
- le moment de la frappe de service, pour le pied sur la ligne et l'ordre de service ;
- le ballon sortant, en déléguant aux équipes les annonces pour lesquelles tu n'as pas de visibilité.
Ce qu'il ne faut pas regarder : les positions au moment du service. Dans un tournoi amateur, siffler la faute de position demande une attention que tu n'as pas et génère des discussions disproportionnées par rapport à l'avantage obtenu. Si le règlement l'exclut explicitement, tout le monde sait à quoi s'en tenir.
Les gestes vraiment utiles
Pas besoin de la gestuelle officielle complète. Il suffit de cinq signaux clairs, toujours utilisés de la même manière :
- bras tendu vers l'équipe qui sert : point et droit au service ;
- paume vers le haut : ballon dedans / point valable ;
- bras levés, paumes vers l'avant : ballon dehors ;
- main qui effleure l'avant-bras ou le filet : indication de la faute commise ;
- mains en T : temps mort.
Au-delà des gestes, une seule chose rend un arbitre amateur crédible : la voix. Dire "dehors", "dedans", "filet", "point" à haute voix règle la question avant même qu'elle ne se pose.
Sur quoi être sévère et sur quoi ne pas l'être
Sévère, toujours :
- le pied au-delà de la ligne au service (facile à voir, facile à corriger) ;
- les 8 secondes pour servir, si le tournoi est en retard ;
- le nombre de touches (les quatre touches ne sont pas une opinion) ;
- le comportement : protestations répétées, insultes, jeu dangereux.
Tolérant, en le déclarant à l'avance :
- doublé et ballon porté en réception et en passe d'urgence ;
- faute de position, si le règlement l'exclut ;
- pénétration sous le filet qui n'interfère pas avec le jeu.
Le critère qui unit le tout est le seul que les joueurs jugent vraiment : la même mesure pour tout le match et pour toutes les équipes. Un arbitre tolérant et cohérent est respecté ; un arbitre sévère et incohérent ne l'est pas.
Qui marque le score
Un point pratique qui concerne l'arbitrage plus qu'il n'y paraît : le score est tenu par une seule personne, qui l'annonce à haute voix à chaque changement de service. Les discussions les plus vives d'une journée de tournoi ne naissent pas d'une faute : elles naissent du score, quand deux équipes comptent de tête et se rendent compte qu'elles ne sont pas d'accord à 19 partout.
Si le marqueur est au bord du terrain avec une tablette, le score est visible par tous, reste enregistré et va directement dans le classement de la poule : personne n'a besoin de recopier les scores des sets et personne ne peut s'en souvenir différemment.
Les litiges
Malgré tout, un cas insoluble finira par se présenter. Le règlement doit indiquer qui décide et comment : en règle générale, l'organisateur, après avoir entendu les deux capitaines, avec une décision immédiate et sans appel. S'il existe un historique des événements du match — qui a marqué le point et quand — la reconstruction est objective et la décision prend deux minutes au lieu de vingt.